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RIP. Populaires au Ghana, insolites en Grande-Bretagne, les cercueils customisés font l’objet d’une expo baroque à Besançon.

(Thierry Secretan)
ParLisette Gries
Envoyée spéciale à Besançon
Publié le 27/08/2010 à 0h00

Une Nike Air de 2 mètres de long en bois peint trône sur une estrade. Lacets, œillets en tissus, sigle de la marque : tout y est. Sur le côté, trois bandes de couleur tranchent avec le blanc du cou-de-pied. Sur cette imposante basket impossible à enfiler, le souci du détail a été poussé jusqu’à reproduire les petits crantages du caoutchouc de la semelle et les points de couture entre les différentes pièces de cuir. Seule entorse : un petit autocollant sur la pointe de la chaussure, sur lequel on peut lire Paa Joe Carpentry Works (menuiserie Paa Joe). L’œuvre de cet artisan ghanéen est présentée fermée à la Citadelle de Besançon. Elle est en réalité construite en deux parties. Si l’on enlève le haut de la basket, on se rend compte qu’elle est creuse et tapissée de tissu vert : c’est un cercueil. Comme le piment rouge, le buffle, la ballerine de danse, le cerf-volant ou encore la benne jaune exposés dans les autres salles du Musée comtois. Insolite expo intitulée «Fabuleux cercueils», qui gît dans la région de France championne de la production de bières et qui a déjà vu défiler depuis la fin mai 120 000 vivants (1).

«Ces cercueils sont l'occasion d'aborder le thème de la mort et des rites funéraires sans en faire un sujet morbide», explique Lionel François, le commissaire de l'exposition. Certaines des bières viennent de Grande-Bretagne. Mais c'est au Ghana, le seul autre pays du monde à produire ce genre de cercueils, que l'idée est née. Pour célébrer l'indépendance

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