«C'est sûr, ça fait un petit boum au cœur de se dire qu'on est reparti pour trente-six semaines, confie Mehdi qui vient d'entrer en cinquième. Oui, trente-six semaines, j'ai compté», insiste le collégien. Mehdi est assis dans l'herbe du parc de Bercy, à Paris. Son copain Corentin lui fait face. Chacun tient une console de jeux. «La rentrée, c'est un effort physique et mental», soupire Mehdi.
Najoua et Sokaïna ne se connaissaient pas trois semaines plus tôt. Mais elles sont entrées au lycée dans la même classe de seconde et, entre elles, il y a eu comme un flash. Depuis, elles ne se quittent plus et flânent dans le parc après les cours, retardant le moment de se séparer. «On est d'accord sur tout», dit l'une, et l'autre lui tape dans la main en criant : «Pareil !» Des siamoises ? «Franchement, j'ai trop flippé pendant l'été, je croyais qu'au lycée les grands écrasaient les petits : je me suis inquiétée pour rien, raconte Najoua, emballée. En fait, les gens sont sociables, les surveillants ne crient plus pour qu'on se mette en rang, on est libre !» Entre les cours, elles vont «au tabac, à la boulangerie, où on veut ! Plus besoin de se justifier !» Najoua tape dans la main de sa copine : «Pareil !» Elles sont catégoriques : «Nous, quand on ne nous met pas la pression, on a envie d'aller en cours.» N'empêche, leur rentrée au lycée s'est assortie d'une mise en garde des parents. Najoua mime s




