Raconter qu’on s’est retrouvée un jour seule contre tous, ça fait mal à l’ego. Tellement que, des mois plus tard, Julie, 14 ans, se confesse à demi-mots. Les parents ne passent pas l’éponge plus facilement, comme Marie, toujours inquiète pour sa fille. Quant aux profs, ils sont parfois embarrassés quand des histoires de souffre-douleur surgissent dans leur classe. En plein cours.
Julie, 14 ans : «Ils me détestaient»
«En quatrième, j’avais une super copine. On faisait tout ensemble, tout le temps. En fait, il y avait une embrouille : elle était bisexuelle et je ne le savais pas. Mais comme ça m’était revenu aux oreilles, je lui ai un jour demandé si elle était amoureuse de moi. Elle a dit "non, pas du tout". Et pourtant, c’était bien ça. J’ai arrêté de lui parler, je ne voulais plus la voir. Elle m’avait menti, c’était une trahison. Ça voulait dire que tous ses gestes et ses attentions pour moi avaient en fait un autre sens dans sa tête. Quand je la voyais, j’avais envie de la tuer.
«Au collège, les autres ont commencé à me critiquer. Ils trouvaient que je lui parlais mal, que je devais plutôt faire ci ou ça… Ils étaient tous contre moi. Ils me détestaient. Ça m’a pris la tête ! En fait, il y a eu la rumeur que j’étais lesbienne. C’est elle qui avait dû lancer ça. J’étais dans un collège à rumeurs, où tout le monde s’occupe de la vie des autres, comme dans tous les collèges. Ça a duré deux mois. J’étais vraiment mal. Ma mère s’en est aperçue. Elle a téléphoné à la principale. Je ne sais plus exactemen




