Un bouc émissaire, ce n’est pas forcément un gamin mal dans sa peau, lunettes et boutons, victime toute trouvée pour le défoulement des autres. C’est parfois aussi un élève très à l’aise, un peu la coqueluche de sa classe, qui se trouve du jour au lendemain mis à l’écart. Lâché par ses amis, il est insulté dans la cour ou sur Facebook. Ce qui met la puce à l’oreille des enseignants et de ses parents, ce sont les absences : il s’est mis à sécher.
Ces phénomènes de rejet (et d’attirance) entre ados seront au cœur d’un colloque de professionnels de la jeunesse organisé aujourd’hui à Paris par le Fil santé jeunes (1), l’un des services d’écoute téléphonique les plus utilisés par les ados.
Tyrannie. Ces phénomènes commencent dès le plus jeune âge mais deviennent, à l'adolescence, «l'affaire du groupe des pairs», doté d'une force qui peut autant protéger que blesser. Pour Nicole Catheline, psychiatre à l'origine d'une consultation spécialisée à Poitiers, les années les plus rudes restent celles du collège. Sentiment d'appartenance, mimétisme, la tyrannie du groupe y joue à plein. «C'est plus détendu au lycée, surtout après la seconde», note Brigitte Cadéac, du Fil santé jeunes,
Mais comment devient-on tout à coup le souffre-douleur de ses copains ? Il suffit de marquer sa différence, même peu visible, même infime : «Ça peut être tout et n'importe quoi. Il suffit d'un écart très léger par rapport au groupe, explique la psych




