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Tête de Turc, un cas d’école

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ADOS. Fréquentes au collège, les mises au ban du groupe sont très mal vécues par les élèves. Un colloque se penche sur la question.

Publié le 11/10/2010 à 0h00

Un bouc émissaire, ce n’est pas forcément un gamin mal dans sa peau, lunettes et boutons, victime toute trouvée pour le défoulement des autres. C’est parfois aussi un élève très à l’aise, un peu la coqueluche de sa classe, qui se trouve du jour au lendemain mis à l’écart. Lâché par ses amis, il est insulté dans la cour ou sur Facebook. Ce qui met la puce à l’oreille des enseignants et de ses parents, ce sont les absences : il s’est mis à sécher.

Ces phénomènes de rejet (et d’attirance) entre ados seront au cœur d’un colloque de professionnels de la jeunesse organisé aujourd’hui à Paris par le Fil santé jeunes (1), l’un des services d’écoute téléphonique les plus utilisés par les ados.

Tyrannie. Ces phénomènes commencent dès le plus jeune âge mais deviennent, à l'adolescence, «l'affaire du groupe des pairs», doté d'une force qui peut autant protéger que blesser. Pour Nicole Catheline, psychiatre à l'origine d'une consultation spécialisée à Poitiers, les années les plus rudes restent celles du collège. Sentiment d'appartenance, mimétisme, la tyrannie du groupe y joue à plein. «C'est plus détendu au lycée, surtout après la seconde», note Brigitte Cadéac, du Fil santé jeunes,

Mais comment devient-on tout à coup le souffre-douleur de ses copains ? Il suffit de marquer sa différence, même peu visible, même infime : «Ça peut être tout et n'importe quoi. Il suffit d'un écart très léger par rapport au groupe, explique la psych

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