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Allô maman, bobards

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Tabous . Un petit joint en cachette, un vote à contre-courant : même à 40 ans passé, les cachotteries aux parents ont la vie dure. Régressif ?

Publié le 02/11/2010 à 0h00

On a beau être une grande personne, qui nourrit et éduque une famille, un citoyen responsable, un travailleur expérimenté et fiable, on n’en reste pas moins l’enfant de ses parents. Bizarrement, devant eux, on se surprend encore parfois à mentir, à esquiver la vérité, à cacher ce qu’on pense ou dépense. Pas forcément tout le temps, ça dépend des gens.

Annoncer à ses vieux parents une période de chômage ou une grave maladie, on se doute que c’est difficile. Comme si l’on voulait les protéger. Mais on peut aussi camoufler pour beaucoup moins. Par exemple, taire qu’on a voté UMP à la présidentielle, malgré son éducation dans une famille très clairement communiste. Ou qu’on s’est converti dans une famille d’athées.

Au rayon des petites transgressions, beaucoup de choses semblent inavouables devant ses géniteurs. On retire sa collection de Manara (bandes dessinées osées) de la chambre d’amis, des fois que père soit tenté d’explorer les étagères à la recherche d’un livre de chevet. On s’enferme dans sa chambre pour fumer des joints tranquille, sans avoir à se justifier devant ses parents (et/ou ses enfants). On fait pousser des plants dans sa penderie qu’on verrouille à double tour pendant le séjour de papi-mamie à la maison, de peur qu’ils n’y mettent leur nez… Puéril ? A 40 ou 50 ans passé, oui sans conteste. Mais aussi terriblement banal.

«Tout le monde a des trucs comme ça, qui traînent, des distorsions de l'enfance qui peuvent durer la vie entière», souligne la psychana

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