Menu
Libération
Interview

«On croit avoir coupé le cordon»

Réservé aux abonnés

Devoir annoncer à ses parents que sa femme est partie ou qu’on a dépensé beaucoup d’argent peut s’avérer un exercice impossible.

Publié le 02/11/2010 à 0h00

Esquives, silences, cachotteries… Même adultes, on ne dit pas tout à papa-maman. La preuve par quatre témoignages.

Rose, bientôt 40 ans : «Ne pas casser l'image idéale»
«Peut-être qu'un jour, tiens, le jour de mes 40 ans, je vais oser dire à mon père : "Papa, au fait, je ne t'ai jamais dit, mais je fume depuis vingt ans". Oui, ça fait vingt ans que je fume en cachette de mon père. Même à mon mariage, je n'ai jamais grillé une cigarette devant lui.

«Quand mon mari, mes enfants et moi allons passer un week-end chez mon père, je prends sur moi, c’est-à-dire que je me jette sur la bouffe. Je compense. A table, mon père et mon mari fument sous mon nez. Je les maudis, je suis d’une humeur de chien pendant tout le week-end. Plusieurs fois, mes enfants ont failli gaffer, mais j’ai toujours réussi à les rattraper au vol.

«Je ne sais pas pourquoi je n’ai jamais osé dire ça à mon père. J’ai sans doute peur de casser l’image de la fille idéale que je suis censée être. J’ai toujours fait ce qu’il attendait de moi : un bac S alors que je me sentais littéraire, et du russe en deuxième langue alors que je rêvais d’apprendre l’espagnol.

«Ces derniers temps, il m’est plusieurs fois arrivé de faire le même rêve : je suis à l’hôpital, on vient de me découvrir un cancer du poumon. Il faut que je téléphone à mon père pour le lui annoncer, mais je n’y arrive pas : deux chocs d’un coup (j’ai un cancer du poumon plus je fume), c’est beaucoup trop, il ne

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique