C’était il y a quelques années, un mariage d’été en Savoie. Un convive avait apporté un magnum de vin qu’il faisait goûter à l’aveugle. Arômes et tanins soyeux évoquaient à des connaisseurs un très bon côte-rôtie. C’était une «simple» mondeuse, cépage savoyard. La Brova, un vin de Louis Magnin, vigneron de la région, paysan éclairé. Son père vivait de polyagriculture, le fils a décidé de ne faire que du vin, et progressivement du bon vin.
«Au début, raconte-t-il, on a fait comme on nous avait montré, avec de la chimie.» Avec sa femme, Béatrice, ils rencontraient pourtant, lors de réunions en Suisse, des collègues qui pratiquaient la «biodynamie», méthode théorisée dans les années 20 par l'Autrichien Rudolf Steiner. Elle respecte les rythmes de la lune et la terre, la vie bactérienne des sols. Peut-être les Magnin ont-ils haussé les épaules les premières fois à l'idée de ces viticulteurs qui enterraient des bouses dans des cornes de vache pour «dynamiser» leurs sols. Et puis un jour, une plantation de bergeron, cépage blanc, peinait à s'implanter, alors ils ont fait un essai, sont allés acheter la fameuse bouse de corne puis ont récupéré de l'eau de pluie, afin d'avoir une eau vivante, pas celle qui meurt dans les tuyauteries. C'était début 2007. «Quand les feuilles sont sorties, quelques mois plus tard, raconte Béatrice Magnin, elles étaient d'un vert brillant, comme si on les avait lustrées.» Pragmatiques et prudents, ils ont très




