Une scène éclairée par un spot. Un bureau et derrière, un homme tout en noir. Ça pourrait ressembler à un one-man-show. Raté, c'est de la philo. Le monsieur sous le projecteur, c'est Michel Onfray, philosophe «à contre-courant» et pourfendeur de Freud. Depuis 2002, son Université populaire (UP) de Caen propose des cours universitaires gratuits et accessibles à tous, sans condition d'âge ou de diplôme. Le but? La démocratisation du savoir. Et ça prend: «Le concept a fait tache d'huile», raconte, enthousiaste, Gérard Pouloin, cofondateur et professeur d'histoire des idées politiques. «Lyon, Arras, Avignon… En tout, huit UP se sont créées sur notre modèle. Au début, on ne savait pas si ça allait marcher, aujourd'hui c'est un tel succès que des auditeurs s'organisent en covoiturage pour assister à des conférences loin de chez eux.»
«Chiennerie de Sodome». Comme à la fac, la rentrée est tardive. Et pour la deuxième année consécutive, Michel Onfray et ses collègues investissent le théâtre du Rond-Point à Paris pour un cycle de conférences. L'intitulé du cours parisien de ce jour-là est «La chiennerie de Sodome. Silling, la matrice du camp de concentration». Pendant plus d'une heure et demie, Michel Onfray explique comment les écrits du marquis de Sade préfigurent la barbarie des camps de concentration. Plutôt pointu. Les noms de philosophes fusent : Kant, Heidegger, Hannah Arendt. Pourtant, malgré l'horaire, midi et demi, plus propice au




