Et si on jouait les stars au bar ? En smoking et en fourreau, patchouli, chinchilla. L'ambiance est veloutée. Façon bar du Ritz. Colin Peter Field, comme tous les soirs, est aux shakers. Il sourit. Contemple ses alcools. Prépare quelques fleurs fraîches à glisser dans les coupes des femmes. Il est chic, Colin. C'est le 31. Ce soir, on va boire ce qu'on va boire. Et pas que du champagne. Quitte à sabrer, autant sombrer dans le coloré, le sucré, le puissant, l'amer, le crémeux, l'exotique, le frappé, le glacé, le fouetté… Des cocktails, darling.
Las, on n’a pas de salon réservé au Ritz. Mais il nous reste le nôtre qu’on a briqué pour l’occasion. Flûte, Colin n’était pas dans nos prix. Mais son bouquin, si : 25 euros (1). Mais qu’importe ces vils détails, pourvu qu’on ait l’ivresse. Ce soir, on convie les péchés mignons de Kate Moss (so chic la vodka-champagne-citron-mandarine), Churchill (un Churchill Martini), Gainsbourg (un bloody mary, entre autres), John Lennon (imagine, un Alexandra), Ernest Hemingway (par ici le daïquiri), Brad Pitt (envoyez le mojito), et même la reine d’Angleterre (un gin tonic cul sec) (2). Du beau linge qui sait (savait) boire.
En fond sonore, le pianocktails de Boris Vian, et sa célèbre rengaine : «Je bois, systématiquement, pour oublier tous mes emmerdements.» Le temps de tout préparer. On a mis de l'eau de source en glaçons. Distingué. Bientôt on brisera la glace. Les verres à pied sont au frais, comme les calices à deux vasques p




