«Nous allons commencer par un texte en catalan. Ceux qui le parlent se mettent hors jeu.» Deux bras se lèvent. «Je m'appuierai sur vous si nécessaire», poursuit Françoise Ploquin, une retraitée qui a souffert de ne pas parler de langue étrangère et milite pour le plurilinguisme. Ce matin, elle anime un «atelier d'intercompréhension» à la BPI (Bibliothèque publique d'information) à Paris. Objectif : montrer qu'au sein des langues latines - français, espagnol, portugais, italien, roumain, occitan et catalan -, on peut se comprendre assez bien, mieux qu'on ne le pense, sans jamais les avoir étudiées. Il suffit d'être ouvert et attentif pour faire vibrer la fibre plurilingue qui sommeille en nous.
Le texte de cinq lignes est un fait divers tiré d'un journal catalan. Son titre, en français : «Ils enterrent dans une boîte de chips Pringles les cendres de son dessinateur.» Avant de demander aux participants de le lire à haute voix, Françoise Ploquin, qui est un pilier de l'Association pour la promotion de l'intercompréhension (Apic), fait ses recommandations : «Aidez-vous avec tout ce que vous pouvez, des racines ou une syntaxe commune, le titre, la photo quand il y en a. N'hésitez pas à deviner et à sauter des mots inconnus. Le but n'est pas de traduire précisément mais de comprendre 80% du sens.» Elle veut aussi désinhiber et donner confiance à ceux qui s'embarquent ainsi en terre inconnue : «N'ayez pas peur des faux amis. Ils ne sont que 3% dans le




