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Un ange passe, les babines chargées de tanin

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ParOlivier Bertrand
Lyon, de notre correspondant.
Publié le 28/01/2011 à 0h00

Il y a une vingtaine d’années, alors qu’il faisait ses études à Lyon, un ami occupait une chambre de bonne, dans un immeuble du centre-ville. La piaule appartenait à sa famille et disposait d’une cave. Sensibilisé assez jeune aux douceurs des bons vins, il en achetait de temps en temps et l’entreposait là. Quelques bouteilles, pensait-il. Puis un jour il a perdu la clé de cette cave et ne s’en est plus préoccupé. Le temps a passé, il a terminé ses études, déménagé. Jusqu’au jour où sa mère l’appelle, voilà peu, pour lui dire que la chambre va être vendue. Il faut qu’il libère la cave. Un coup d’épaule plus tard, il retrouve non pas quelques bouteilles mais près d’une quarantaine, et des bonnes de surcroît. Un ami restaurateur avait aiguillé ses choix. D’où la présence parmi les crus d’une cuvée «Ceps centenaires» du domaine Gramenon, un côte-du-rhône mythique pour les amateurs de vins naturels.

Les vignerons Philippe et Michèle Laurent le mettent en bouteille depuis 1979. Du vin sans soufre, à une époque où cela se faisait peu. Cette cuvée «Ceps centenaires» - qui s’appelle à présent «La Mémé» car à mesure que l’on replante les pieds abîmés, le nombre de centenaires diminue - vient de deux petites parcelles (1 hectare au total) de grenache dont certains ceps remontent à l’ère préphylloxérique. La vigne se trouve à plus de 300 mètres d’altitude, ce qui donne beaucoup de fraîcheur. Les raisins y sont récoltés bien mûrs, pour des vins fruités et profonds, très longs, différents

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