En temps normal, pour entendre l'une des plus vieilles langues d'Europe, restée quasiment intacte depuis le XIIe siècle, il faut prendre l'avion ou le bateau. Si l'Islande fait l'effet d'une secousse à chaque visiteur, la pièce qui se joue à Gennevilliers, au bout de la ligne 13 du métro parisien, a de quoi désorienter.
Le Musée de la mer est la première pièce de Marie Darrieussecq. Le poète Sjon (entre autres parolier de Björk), l'a traduite. Et Arthur Nauzyciel, directeur du Centre dramatique national d'Orléans, l'a mise en scène, à la demande du théâtre national de Reykjavik.
Aquarium. L'époque est vague. Crépusculaire même : guerre, bruit des avions de chasse, tirs de mitrailleuses. Toutes choses que les Islandais n'ont jamais vécues sur leur sol. L'Islande de Darrieussecq et Nauzyciel n'est plus une terre de glace, elle a fondu : c'est plein d'eau sur scène. Sur un côté, un ancien aquarium héberge encore quelques soles et un poulpe. Tout ce qui reste à manger aux survivants May et Man, quand débarquent Liz et Will avec leurs enfants, des jumeaux qui se déplacent collés en siamois. Les deux femmes, May et Liz, sont allées à l'école ensemble. Leurs retrouvailles sont glaciales. Dans l'intervalle, Liz est devenue mère mais May, enceinte la dernière fois que les deux couples se sont vus, n'a personne à dorloter. Personne, à part Bella, étrange créature aquatique mi-sirène mi-monstre marin.
May et Bella se livrent parfois à des corps à corps




