Menu
Libération

Professeur, veux-tu être mon ami ?

Réservé aux abonnés

Facebook . De plus en plus d’enseignants s’interrogent sur l’opportunité d’avoir, ou pas, des échanges avec leurs élèves par le biais des réseaux sociaux.

Publié le 07/02/2011 à 0h00

«Madame, pourquoi vous n'avez pas voulu qu'on soit amis sur Facebook ?» La question a cueilli Sylvie Grau, professeure de maths du côté de Nantes. L'élève avait l'air sincèrement blessé. Mais comment dire oui à l'un et non à l'autre ? Faut-il laisser tout le collège débouler dans sa liste de contacts ? Si les discussions avec les élèves passent désormais à travers les murs de l'école, jusqu'où peut-on aller?

Fayots. Aux Etats-Unis, la hantise de la pédophilie conduit l'Etat de Virginie à envisager d'interdire l'usage de Facebook et du téléphone portable entre des enseignants et des mineurs (lire ci-dessous). En France, le débat est moins sexué, mais «il est houleux en salle des profs», témoigne Sylvie Grau. Facebook est «trop intrusif» pour certains, «hors sujet» pour d'autres, «passionnant pour ceux qui y sont car tout le monde tâtonne», poursuit cette prof de maths. Tous les collèges et les lycées sont concernés. Même ceux qui disposent d'un Espace numérique de travail (ENT), un site web prévu pour que profs, élèves et parents puissent échanger. Mais l'ENT ne suffit pas. Les élèves utilisent «massivement et naturellement» Facebook, expliquent les profs, et eux-mêmes s'en servent sans avoir forcément envie d'y croiser leurs élèves. Etonnant d'ailleurs, que des ados veuillent compter des profs parmi leurs «amis». Tous fayots ? Interrogés sur leur motivation, ils éludent : «Quoi ? Moi ? Ami avec Monsieu

Dans la même rubrique