Menu
Libération

Le faugères généreux de la fratrie Andrieu

Réservé aux abonnés

ParOlivier Bertrand
Lyon, de notre correspondant.
Publié le 18/02/2011 à 0h00

Cela faisait quelques jours qu’on arpentait Marseille, déraciné dans une ville de déracinement. Et puis l’autre soir, on a poussé la porte d’un estaminet au nom engageant. «Les Buvards». On s’est alors retrouvés en pays de connaissance. Une salle assez sombre, des murs rouges, quelques tables. Et de belles bouteilles sur les étagères. Une enceinte jouait en sourdine un vieux tube de Blondie, le pied de cochon était fondant. Le patron a proposé là-dessus un faugères. Le «clos Fantine», tenu dans l’Hérault par trois frère et sœurs. Le domaine est né d’une histoire douloureuse et belle. Encore une histoire de racines.

La grand-mère vivait dans le village de Cabrerolles et possédait deux ou trois hectares de vignes. Le père en aurait bien fait son métier, mais la surface n’y suffisait pas. Il est monté à Paris travailler pour les PTT. Les enfants sont nés là-haut. Et puis tout le monde est redescendu quand le père a été muté. C’était en 1977. La mère est morte cette année-là. Le père a continué d’élever les enfants. Il achetait aussi régulièrement des vignes de cette appellation de faugères aux terres gorgées de schiste, tout en restant postier. Il menait son raisin à la coopérative, rêvait de faire un jour son vin. Et en 1996, il a réussi son premier millésime. Mais il est mort l’année suivante. Il aura eu le temps de faire un vin, comme on ouvre une voie avant de dévisser. Les enfants se sont retrouvés seuls face au chagrin et à de sérieux soucis financiers. Le plus simple aura

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique