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Interview

«Redoubler aggrave plutôt les choses»

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Ecole. Après l’initiative d’un inspecteur du Calvados, Denis Meuret, universitaire spécialisé en sciences de l’éducation, prend position contre les redoublements, chers et inefficaces.

©Johann Dréo, licence CC-BY-SA (©Johann Dréo, licence CC-BY-SA)
Publié le 07/03/2011 à 0h00

Il y a les pros et les antis, et la polémique dure depuis des années. Les premiers - la grande majorité des experts - estiment que le redoublement ne sert à rien : les enfants refont une année mais sans pour autant progresser. Pour les seconds, il est absurde de faire passer des élèves dont on est sûr qu’ils vont se noyer dans la classe supérieure. Le débat a été relancé par l’initiative récente de l’inspecteur académique du Calvados. Convaincu que le redoublement est inefficace et en plus coûteux, il a «sanctionné» les collèges faisant trop redoubler en leur retirant des heures de cours à la rentrée et récompensé ceux faisant peu redoubler en leur accordant plus d’heures. Professeur en sciences de l’éducation à l’université de Bourgogne, Denis Meuret (1) analyse les limites du redoublement, une spécialité française.

Faut-il supprimer le redoublement ?

Oui, sans hésiter. Pour cela, il faut en diminuer progressivement le taux. C’est d’ailleurs la politique du ministère depuis une quinzaine d’années. Elle a déjà permis une baisse significative, l’une des rares bonnes évolutions de notre système éducatif. Mais on reste encore un pays où l’on redouble beaucoup : en 2009, 37 % des élèves de 15 ans ont redoublé au moins une fois en France, contre 13 % en moyenne dans l’OCDE.

Quels en sont les inconvénients ?

Le redoublement aggrave plutôt les choses. Des études ont été menées sur deux groupes d’élèves faibles de même niveau au CP. Le premier groupe a redoublé, le second non. Un an après, on a fait passer des tests aux élèves : ceux en fin de CE1 en sa

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