On ne se fait pas élire délégué de classe sur un coup de tête. C'est du moins le souhait des enseignants et, globalement, de l'administration dans tous les collèges et lycées. Mais, dans la réalité, «les élèves élus en début d'année sont rarement des modèles pour les autres», confient des enseignants du collège Louise-Michel de Corbeil-Essonnes, en banlieue parisienne. Leur constat vaut autant à Corbeil qu'ailleurs. Partout, l'élection des délégués ressemble à une expérience démocratique en miniature où les forts en gueule ont tendance à triompher. Et l'intégrité à en prendre un coup : des élèves n'hésitent pas à distribuer des billets de 5 euros en glissant au passage un «Tu votes pour moi, d'accord ?»
Enjeu. Le problème se pose surtout au collège, soulignent les enseignants. On se fait élire grâce à une popularité rarement conditionnée à ses résultats scolaires ou à son comportement exemplaire. Résultat, après quelques mois, les élèves-électeurs regrettent leur choix mais il est trop tard, les délégués sont élus pour toute l'année scolaire. D'où la nécessité de mesurer l'enjeu.
Dans une salle du collège Louise-Michel, on a donc réuni cet après-midi-là une quinzaine de délégués, des élèves, des parents et des profs. Bizarrement, l'échantillon est très féminin, les garçons manquent à l'appel. «Mon codélégué, il est collé aujourd'hui donc, forcément, il peut pas être là», explique Laurine, élève de cinquième, en levant les yeux au ciel. Visibl




