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Libération

Un vacqueyras suave et romantique

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ParOlivier Bertrand
Correspondant à Marseille
Publié le 29/04/2011 à 0h00

La première rencontre s’était faite autour d’une tartine de truffes, dans un dîner de vignerons. Quelqu’un avait apporté un gros champignon noir soigneusement brossé qu’il débitait en belles lamelles. Eric Bouletin les arrosait de l’huile d’olive de Vacqueyras (Vaucluse). Une centaine d’oliviers et 16 hectares de vignes : le domaine Roucas Toumba. L’un des plus intéressants dans le sud des côtes-du-rhône. Quelques années après le dîner aux truffes, il fait goûter ses 2008, à la sortie de l’hiver, sous la tonnelle de sa maison. Un vin concentré, dont l’acidité subtile prévient toute lourdeur et aidera à vieillir.

Bel exploit dans cette année très compliquée. Le genre de millésime qui permet de repérer les meilleurs vignerons, les plus précis. Pourtant Eric Bouletin bataille pour le vendre à l’export, l’année 2008 dans la vallée du Rhône n’ayant pas bonne réputation. C’est rude, en ces temps difficiles, les vignerons qui réussissent ont travaillé encore plus que d’habitude. Il en semble blessé.

Eric Bouletin est un romantique. Un paysan qui aime l'idée de désuétude. Qui adore la littérature, aurait souhaité écrire. Il fait du vin. Il n'avait que 15 ans lorsque son père est mort. Un an plus tard, il arrêtait l'école pour travailler avec sa mère. Et, bien après, a commencé à vinifier quelques pièces, conseillé par des anciens. La coopérative où il donnait son vin en a pris ombrage et lui a demandé de choisir. Il n'a pas beaucoup hésité. Ses vignes sont très vieilles. Certaines par

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