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Critique

En corps une histoire…

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Anatomie. L’expo «Morceaux exquis» présente une foule d’objets et de dictons qui racontent la perception du corps humain à travers les âges.

Publié le 27/05/2011 à 0h00

On s’y introduit comme à l’intérieur d’un corps, en passant sous la peau. Tout est rouge. Ecarlate comme le sang. On peut suivre le flux des veines qui mènent au nez ou préférer se faufiler vers cette partie basse que sont les pieds. Voyager dans notre anatomie : telle est l’invitation de l’exposition «Morceaux exquis, il y a un corps entre nous», conçue par deux commissaires, Federica Tamarozzi, ethnologue chargée de recherches au musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (1), et Gilles Boëtsch, directeur de recherche au CNRS.

Qu’on ne se mette pas le doigt dans l’œil. Ici, pas de bouts de chair humaine comme dans l’expo «Our body, à corps ouvert» interdite à Paris en 2009, pas de déballage de science, pas de tuyauteries en coupe. Mais une profusion d’objets (400), ressortis en grande partie des caves de l’ex-musée des Arts et Traditions populaires, qui racontent le corps. Tel ce pot de chambre avec un œil au fond. Une faïence qui rappelle le lien direct que l’on a longtemps fait entre ces deux orifices que sont l’œil et l’anus. L’occasion de remettre les expressions à l’endroit : eh oui, les naïfs qui se mettent le doigt dans l’œil apprendront ici qu’en réalité, ils se l’enfoncent beaucoup plus bas.

«Nous voulions parler du corps, sans le réduire à sa matérialité, explique Federica Tamarozzi. Mais donner à voir ce qu'il raconte à notre insu à travers des objets du quotidien. Nous les avons agrémentés de dictons collectés dans 27 langues, qui sont souvent

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