Ah, le mois de juin ! Le printemps bourgeonne, les oiseaux chantent, le souffle des grandes vacances nous chatouille le cou… Arrêtez de rêver, le bac, c’est la semaine prochaine. Pour plus de 600 000 lycéens, pas de temps à perdre en essayage de maillot de bain, beaucoup ont préféré adopter le bronzage bibliothèque. L’heure des révisions a sonné, et déjà toute une génération s’abîme les yeux à noircir des fiches bristol sous les néons. Toute ? Non. Une armée de petits malins affine ses préparatifs de guerre : calcul des proba d’échec, échafaudage de plans B, balisage de sorties de secours. Tricher est un art qui ignore le hasard. Car en face l’ennemi aussi se prépare.
Fantasme. Professeur d'économie en terminale, Gilles s'applique à opérer une «surveillance active» des bacheliers. «Je scrute, je circule entre les rangées, hors de question de se caler au tableau avec un bouquin.» Pour lui, la triche de masse n'est qu'un immense fantasme. «On met deux surveillants à chaque extrémité de la salle, dont un qui reste invisible par les élèves puisqu'il les observe de dos. Rien que ça suffit à décourager les plus téméraires.» Mais les plus rusés, par définition, lui échappent. «La seule vraie faille, ce sont les smartphones aux toilettes. Je ne peux pas vérifier ce qu'un candidat y fait, pas moyen de lui barrer l'accès en cas de soupçon, et interdiction stricte de le fouiller.» Les cauchemars du surveillant d'exam se nommeraient do




