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Pas d’enfant pour la vie

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Hic. Manque d’information, réticences des médecins... Pourtant légale depuis dix ans, la contraception définitive reste un droit à conquérir.

Publié le 10/06/2011 à 0h00

Dix ans, c’est peut-être court pour changer les mentalités. Voilà dix ans que la loi du 4 juillet 2001 autorise en France la contraception définitive. Concrètement, l’opération s’est longtemps résumée à la ligature des trompes de l’utérus d’une femme ; et pour sa version masculine, à la vasectomie, où l’on sectionne les canaux qui transportent les spermatozoïdes. Mais, dans l’esprit des Français, cette forme de contraception rappelle avant tout des méthodes de stérilisation, barbares, pratiquées sur des populations vulnérables. Cela suffit-il à expliquer que dix ans après sa légalisation, la contraception définitive reste confidentielle dans l’Hexagone ?

Seules 2,3% des Françaises y ont recours, contre 8% des Britanniques et 24% des Américaines. Côté vasectomie, les 1 500 hommes qui se font opérer chaque année en France n'apparaissent même pas dans les statistiques. Alors qu'elle est adoptée par 22% des Canadiens ou 21% des Britanniques… «Sans doute faut-il nommer les choses autrement», plaide le DDavid Serfaty, président de la Société française de gynécologie. Lui, préfère parler de «contraception permanente». Et rappelle que c'est le nombre élevé et stable d'avortements en France (200 000 par an) qui a conduit le législateur à autoriser cette forme ultime de contraception. «Cessons de parler de stérilisation, il s'agit d'une méthode qui doit trouver sa place dans l'éventail proposé aux femmes et aux hommes», martèle Serfaty.

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