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interview

«Le clito, clé de voûte d’un changement de mentalité»

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Rhâââ. Lucie Sabau, de l’association Osez le féminisme, justifie le lancement d’une campagne à la gloire de l’organe du plaisir.

Publié le 21/06/2011 à 0h00

Un sexe de femme ouvert, dessiné en gros plan, avec en vedette le clitoris, «Instigateur de plaisirs» placardé sur les murs de 15 villes de France hier soir, un site web dédié à cet organe avec témoignages, vidéos, schémas anatomiques, informations pratiques, un appel au monde de la recherche… Le mouvement Osez le féminisme a lancé, hier, une campagne intitulée «Osez le clito». Lucie Sabau, 29 ans, en est l’une des responsables.

Est-ce bien nécessaire une campagne sur le clitoris à notre époque ?

Oui. Le clitoris est souvent oublié, minimisé, mutilé psychiquement. On oublie qu’il a 10 000 terminaisons nerveuses… Bien plus que le pénis ! C’est un organe qui ne sert qu’au plaisir et n’a aucun équivalent. Mais il dérange. Car il représente une autonomie : il n’a pas besoin du pénis pour le plaisir et il n’est pas lié à la reproduction. Les garçons, on leur parle de leur sexe, comme dans l’expo du «Zizi sexuel» de Titeuf. Aux filles, on parle plus du côté sécuritaire : de la maladie, ou de la grossesse, et moins de la sexualité en tant que telle. Leur plaisir n’est pas pensé.

Pourquoi le clitoris est-il «politique» ?

Si les petites filles grandissaient en réalisant que leur sexe n’est pas un trou mais qu’il est composé d’un muscle - le vagin qui enserre -, du clitoris et sa double arche, organe de plaisir, elles ne se positionneraient pas de la même manière dans la société. Ce serait plus facile de ne pas se voir en réceptacle destiné à faire des bé

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