Dans la chambre de Pablo, les murs sont vierges. C'est le sol qu'il a choisi de décorer en disposant plus ou moins artistiquement une chaussette par-ci, des interros froissées par-là, un ceinturon, des cadavres de canettes de soda, une béquille, des miettes de tabac à rouler, des CD de jeux sans leur boîte, des capuchons de feutres, des yaourts vides, des paquets de gâteaux, un écouteur gauche… Souffre-t-il d'une phobie de la moquette au point de vouloir absolument la recouvrir ? «C'est pas ça, rectifie le lycéen. Mais j'aime pas le vide, je préfère le bordel. Ma chambre, c'est pas un musée tout bien rangé. Je préfère quand il y a une montagne d'affaires dedans, c'est plus vivant.» Quitte à provoquer des engueulades répétées avec ses parents ? «C'est comme ça depuis que je suis petit. Faut que je range ma chambre, mais j'ai la flemme. Des fois, je fais semblant : je glisse du bordel sous ma couette, sous le bureau, partout où ça se voit moins.» Et ça dégage quand même quelques centimètres pour poser un pied.
«C'est le darwa là-dedans !» Ça, c'est le signal que Shénaz, 13 ans, se lasse de son propre désordre. En général, ça la prend d'un coup, le dimanche. «Tous mes potes sont avec leurs parents, personne ne sort. J'ai rien à faire, alors je range ma chambre.» Une pièce rien qu'à elle, «perso, stylée, moderne». Elle énumère : «J'ai un ordinateur, une PlayStation, la Wii, une télé à écran plat… Et partout sur les murs, d




