Menu
Libération

Le domaine Revelette, germanique et bio

Réservé aux abonnés

ParOlivier Bertrand
Correspondant à Marseille
Publié le 14/10/2011 à 0h00

Là-haut, la vigne se repose. Le jour décline, il fait très doux ce mardi soir. Des odeurs de thym et de cyprès envahissent les rangs. La terre est meuble. Après les vendanges, Peter Fischer a labouré. Il va laisser la plante tranquille pour trois bons mois. Bonne fille, elle a donné des fruits qui macèrent à présent. Le soir tombe, le paysage est magique. A 400 mètres d’altitude derrière la Sainte-Victoire, les Alpes ne sont plus très loin. Le domaine Revelette est situé à l’extrême nord de l’appellation coteaux d’Aix-en-Provence. Une Provence rude, moins méditerranéenne. Des chênes verts, des genévriers, un climat plus ingrat. La veille au soir, on fêtait au domaine la fin des vendanges, à coup de saucissons cuits dans le marc. Au matin, il ne faisait plus que 4°. Puis 25, ce mardi soir. Une amplitude dont profite le vin. La fraîcheur des nuits pour l’acidité, le soleil du jour pour la maturité.

Arrivé là en 1985, Peter Fischer est un Allemand issu d'une famille d'industriels. L'un de ses grands-pères a inventé la colle UHU. Lui a travaillé aux Etats-unis, dans l'une de ces «wineries» où l'on fabrique des vins extrêmement techniques. Il reste fasciné par la «recherche de perfection» dans l'industrie, mais il a suivi un chemin différent. Au début, il traitait ses vignes avec de la chimie, utilisait pour la fermentation des levures de synthèse, gagnait tous les concours. Les guides vantaient ce nouveau vigneron aux vins si riches et si flatteurs. La prise de

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique