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Interview

L’enfance de l’art du mensonge

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Long nez. A quel âge commence-t-on à baratiner ? Les chercheurs Olivier Mascaro et Olivier Morin remontent le fil des bobards infantiles.

Publié le 17/10/2011 à 0h00

On aurait pu faire le journal d'un menteur, qui commence dès l'aube : «Tu as très bonne mine ce matin, ma chérie», un lendemain de cuite phénoménale. «Ça va aller, ton contrôle de maths», à l'élève de cinquième manifestement plus doué en PSP qu'en algèbre. En arrivant au bureau, on brodera sur le magnifique week-end qu'on vient de passer, en fait deux jours sinistres dans la baraque rurale de copains, tout en fleurissant de compliments son chef de service. Continuer l'après-midi à baratiner les collègues avec le vieux coup du pull sur la chaise, style «je suis dans la maison» (en fait, au bistrot). Et se finir sur le mensonge à soi-même («Demain, c'est gym, aujourd'hui je suis trop charrette»).

Le mensonge (les mensonges, en fait, tant les formes sont nombreuses), s'il est essentiellement intention de tromper, c'est-à-dire de dissimuler sa pensée, est partie intégrante de nos vies. La preuve, l'excellente revue sociologique Terrains consacre son dernier numéro au «mentir». Entre deux articles érudits de confrères sur «Pourquoi est-il si grave de mentir ?» ou «L'Etat ment-il ?», deux chercheurs, Olivier Mascaro et Olivier Morin, post-doctorants en psychologie et philosophie à l'université d'Europe centrale, à Budapest (Hongrie), se sont penchés sur la naissance du mensonge chez l'humain. Eh bien, ça commence tôt.

Quand situez-vous la naissance de l’«homo fabulator» ?

Il y a un éveil du mensonge autour de 4 ans. Plus tôt, les enfants peuvent faire croire des choses fausses à leur entourage tout en

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