On ment par amour, par politesse, parfois pour rien, parfois pour raison d’Etat. Parce que, évidemment, mentir ne consiste pas seulement à dire ce qu’on sait être faux. Petite typologie des mensonges. Non exhaustive.
Pour faire plaisir
En tête, le mensonge de politesse, qui apparaît donc très tôt (lire ci-contre). Il s'agit de dire le faux pour ne pas embarrasser quelqu'un, pour sauver les apparences. Ce mensonge est distinct de la tromperie. Typique : «Oui, Johnny H. est un vrai rockeur», alors qu'on n'en pense pas un traître mot. Encore qu'en la matière, les gens se donnent peu souvent la peine de ce mensonge-là.
Pour faire son malin
Parfois, en inventant un détail dans une histoire ou un événement banal, on ment pour rien, comme ça. Genre : «J'ai croisé Johnny H.» Est-ce une forme de tromperie ? Oui, car on exploite l'attention et la crédulité de notre interlocuteur d'une façon qui peut lui nuire (par exemple, s'il est pris à répéter notre mensonge). Ça permet de se rendre un peu plus intéressant qu'on ne l'est. Vu qu'on n'a jamais croisé Johnny H. (enfin si, mais il y a vingt-cinq ans, dans une boîte de Saint-Tropez).
Par vice
On peut le définir de deux façons : par l'intention de tromper, ou bien par l'inexactitude de ce qui est dit. On s'est beaucoup battu dans l'histoire de la philosophie pour savoir s'il était juste de tromper autrui en lui disant quelque chose de littéralement vrai. Exemple :




