Divorcer et vivre heureux, un tabou ? A en croire les réactions provoquées en Suède après la sortie du livre Happy Happy, un manifeste sur les joies de la séparation, en tout cas le sujet dérange. Environ 45% des mariages célébrés dans le royaume finissent par un divorce. Alors pourquoi donc un tel tapage ? Selon la romancière et féministe Maria Sveland, à l'initiative de l'ouvrage, «il n'est pas convenable, même en Suède en 2011, de dire à quel point le divorce peut être libérateur». Surtout pour une femme, «dont on attend plutôt qu'elle se comporte en veuve éplorée».
Maria Sveland et l'écrivaine Katarina Wennstam, elle aussi fraîchement divorcée, ont donc décidé de jeter un pavé dans la mare, en rassemblant dans un livre les témoignages de dix femmes. Romancières, journalistes, actrice, politicienne… toutes divorcées et toutes heureuses. L'objectif : en finir avec l'idée qu'un divorce est forcément un échec, tandis que le mariage serait l'incarnation du bonheur. La séparation, observe Gudrun Schyman, fondatrice du parti Feminist Initiativ, «peut être une étape du développement personnel».
Indignation. Les histoires se ressemblent : un mariage qui bat de l'aile, l'asphyxie au sein du couple, les nuits d'insomnie, les hésitations, l'inquiétude. Puis la décision. Le chagrin, la peur. Et, finalement, le soulagement. Le premier été après la séparation, Katarina Wennstam se souvient avoir «pensé beaucoup à la liberté».




