Chaudron et baguettes, balai et bave de crapaud, philtres et mandragores… Trop cliché pour l'arsenal de la sorcière semble répondre ce Traité de sorcellerie (1) d'Edouard Brasey et Stéphanie Brasey qui tombe à pic pour Halloween et son cortège de déguisements foireux. On dit bien sorcières, parce que le démonologue bien connu Jean Bodin (1529-1596) estime qu'il y a à la louche cinquante sorcières pour un sorcier, de préférence dans les classes rurales. Evidemment, ce gros contingent de sorcières est dû à «l'emprise qu'a le diable sur le sexe féminin», note à juste titre un médecin du XVIe siècle. Sexe «de légère croyance, malicieux, impatient, mélancolique», attribué à de «vieilles débiles, stupides et d'esprit chancelant».
Merci, médecin du XVIe siècle, d'aussi bien décrire ce qui conduisit les sorcières au bûcher : être des femmes. Souvent elles sont nées au mois de février, sont rousses ou avec taches de rousseur. Si la lettre B les marque, elles seront sorcières : ainsi les boiteuses, les bègues, les bossues. Elles roulent des pelles aux crapauds (on le voit dans un texte du XIIIe siècle) ce qui fait, comme chacun sait, perdre sa foi catholique. Elles ont un chat noir, mangent de la chair humaine, surnagent dans l'eau quand les innocentes se noient (un test du Moyen-Âge couramment pratiqué pour détecter une sorcière). Bref, cette petite encyclopédie de la sorcière fouine dans l'histoire, le Moyen Age, la




