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«Le divorce est une revendication féminine»

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DÉSAMOUR. Pourquoi les femmes sont-elles le moteur des séparations ? Entretien avec le sociologue François de Singly, qui publie un livre-enquête.

Publié le 16/11/2011 à 0h00

Maud a décidé de divorcer après plusieurs années de doute.

«C’était le grand bonheur. Je souriais toute seule en conduisant, je chantais, c’était une libération, mais alors quel bonheur ! Je me retrouve, maintenant, c’est quand même fou !»

Elles ne le disent pas toutes avec le même transport. Mais, pour beaucoup de femmes, le divorce est un moyen d’émancipation qui s’accompagne d’un sentiment de

«reconquête de soi»

. Le plus souvent, ce sont elles qui le

demandent, pas leurs maris. Voilà ce que montre

Séparée,

(1) le dernier livre de François de Singly, spécialiste des évolutions de la famille et professeur à l’université Paris-Descartes. L’ouvrage rassemble plusieurs enquêtes inédites, dont l’une porte sur une centaine de récits de femmes hétérosexuelles séparées.

En trente ans, les probabilités de divorcer ont doublé. Mais, jusqu’à présent, les sociologues ont préféré étudier comment on choisit son conjoint plutôt que pourquoi on s’en sépare. Pourtant le désamour est tout aussi intéressant que l’amour. La rupture que l’union.

Pourquoi avoir écrit Séparée du point de vue des femmes ?

Parce qu’aujourd’hui le divorce est en majorité demandée par des femmes. Pour être exact, sur 100 divorces initiés par l’un des conjoints, c’est à 75% la femme qui le demande. C’est une revendication féminine. Souvent on étudie la vie privée des individus comme si c’était neutre que ce soit des hommes ou des femmes. Mais ce n’est pas le cas.

Pourquoi les femmes demandent-elles plus le divorce ?

Les femmes sont plus souvent déçues de la vie conjugale, du niveau d’engagement de leur mari

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