Ils manquent d’optimisme, mais ne sont pas déprimés. N’ont pas vraiment confiance dans l’avenir collectif, mais font preuve de dynamisme dans leur vie privée. Pas abattus, juste repliés ?
Le très sérieux Conseil économique social et environnemental censé ausculter la société française livrera aujourd'hui son rapport annuel sur l'état de la France. En ces temps de crise, on pourrait s'attendre à désespérer, mais un avis sur l'état moral des Français invite à un «optimisme de volonté». La société française, en voie d'«archipellisation», est toutefois en «quête d'un sens collectif». Ainsi, 76% des Français trouvent qu'il serait utile que notre société ait «un but commun auquel cela vaudrait la peine de se consacrer». Même s'ils cherchent encore lequel…
Méfiants. Certes, les Français sont plus inquiets que la moyenne des citoyens du monde à l'égard de l'avenir de leur pays. Ils se révèlent de plus en plus méfiants vis-à-vis des institutions. «La proportion des Français qui ont le sentiment que les institutions traditionnelles (politiques, administration, leaders d'opinion…) vivent loin de leur préoccupation s'est accrue depuis dix ans», relève Yves Zehr, rapporteur. 68% expriment de la défiance à l'égard du gouvernement et des institutions européennes, 72% à l'égard des grandes entreprises, 80% des partis politiques. Cela touche aussi la télévision (65%), Internet (59%) ou la presse (56%). Dans ce contexte, ils




