En 1975, le célèbre magazine Pif Gadget glissait sous cellophane une petite branche et un peu de terre. «Attention, dans deux ans ce sapin sera plus grand que toi», clamait la couverture. La pousse d'épicéa ne payait pas de mine, mais Joël Fauré, 13 ans à l'époque, l'a plantée avec son père. D'abord dans un pot, puis en pleine terre, à l'orée de la forêt de Buzet-sur-Tarn, près de Toulouse. C'était un 19 octobre ; il s'en souvient encore. L'arbre a poussé, poussé, et fait aujourd'hui sa fierté. Alors dans son esprit une drôle d'idée a germé : que sont les autres sapins Pif devenus ? En cette veille de Noël, récit de cette quête aussi farfelue qu'idéaliste.
L'été dernier, ce fonctionnaire au tribunal de grande instance de Toulouse rédige un touchant billet puis essaime son «appel de la forêt» dans plusieurs médias, sollicitant leur relais bienveillant pour l'aider à former une «sapineraie du cœur, du souvenir et de la mémoire». Son message se conclut ainsi : «Et puis, un sapin, ça change un peu des "marronniers", non ?»La Croix, le Monde magazine, l'Humanité et d'autres jouent le jeu. Tous sont très vite surpris de recevoir des premiers retours de lecteurs. Soucieuse de lui permettre de relayer ses témoignages de pifistes, la rédaction de Libération.fr entre en scène et lui propose d'en faire un blog. A peine en ligne, déjà les prem




