Après les bars à sourire, bars à sourcils, bars à chignons, voilà le dernier avatar du genre, ouvert dans un chic passage du IIe arrondissement de Paris, le bar où aller roupiller entre midi et deux en payant (1). Des espèces d’œufs planqués sous du tulle, façon Alien ou Matrix, des écrans avec rivière et galets, de la musique ultrazen, supercrispante aussi. Relaxing ambiance über alles au «bar à sieste», un intéressant concept rapporté d’Asie par la sœur esthéticienne de Franck, 24 ans, qui fera gentiment la visite.
En bas, les inévitables poissons qui font pédicure (on a déjà testé, ça ira bien) ; au rez-de-chaussée, l'accueil, où on met des chaussons papier dans des chaussons feutre avant de se faire désinfecter les mains «et les avant-bras s'il vous plaît», dit Franck, car ici on ne badine pas avec l'hygiène. Au premier étage, les fameux fauteuils masseurs-œufs-science fiction ; au dernier, les matelas sieste.
Evidemment, sans être branché cul autant que d'autres, on visualise assez bien la petite gâterie entre collègues au bar à sieste (une clientèle de proximité vient ici régulièrement, soit bureaux, affaires, avocats, banques), mais rigole Franck, «on n'a pas encore eu ça» : «On nous a juste demandé deux fois si on faisait les finitions.» La classe.
Pas trop de cochonneries donc, mais des lits chauffants avec sa pierre de jade qui te rentre direct dans la hernie discale, juste avant qu’une sensation de serpents géants te sinue sous les jambes… On saute




