Pas la peine de chercher avec quoi rime 2012… Il y aura cette année de bons, de très bons slogans, en vers ou en prose. Des bribes de mots, des expressions nouvelles, en veux-tu en voilà. On n’est jamais à l’abri d’une invention. Et tant mieux. Les derniers en date ? «Dans non, qu’est-ce que tu ne comprends pas ?» écrit sur un torchon de cuisine. «Féministe tant qu’il le faudra.» «Sarcelles, Sofitel, Carlton, prison.» Ou «Le féminisme n’a jamais tué personne». C’était à la manifestation contre les violences faites aux femmes, en novembre à Paris.
Mordant. Un livre qui rassemble 600 slogans féministes, collectés sur quarante ans de luttes à partir de photos, de vidéos militantes, d'archives, vient de paraître (1). Au fil des pages, on rit. Il y a du mordant, de l'esprit. Surtout dans les années 1970. A l'époque, «le modèle du mot d'ordre, hérité du militantisme traditionnel, doit être dépassé,souligne Béatrice Fraenkel, anthropologue de l'écriture à l'Ecole des hautes études en sciences sociale (Ehess), dans son introduction. Le slogan fameux, "Les sorcières peuvent aussi guérir les maux d'ordre", l'affirme sans ambiguïté».
«Jeux de langage», «détournement»,«rapport ludique à la logique» tout est utilisé. Lors de la première véritable manifestation féministe, le 20 novembre 1971, avec des dessins, des figurines, des pancartes, «c'est un nouvel artisanat contestataire qui se déploie». «Nos drapeaux sont des foular




