Depuis ce matin, on sait pourquoi l’ange de la cathédrale de Reims sourit (en tout cas c’est une hypothèse). Depuis ce matin donc, veille du 8 mars et de la Journée des femmes, une trentaine de visages le regardent ou lui tournent le dos. Des gens qui travaillent, sur des camions, des trains, dans des silos, avec des chevaux ou des moutons, avec des crayons ou des livres, des haltères ou des gants de boxe, en cuisine ou dans des caves à champagne. Des photos couleur, de 1 mètre sur 2, recto verso, signées Feng Hatat, photographe chinoise, en France depuis dix ans.
Cuviste. Ultravisibles, accessibles à tous, quelque chose frappe au bout d'un moment : les hommes font des «métiers de femme», les femmes des «métiers d'homme». Il est assistant puériculteur, elle est conductrice de poids lourds, il est fleuriste, elle est cariste, il est secrétaire, elle est cuviste, etc. De quoi on parle, donc ? De la seconde biennale rémoise pour l'égalité (1), comprendre l'égalité hommes-femmes, qui «existe en principe, mais pas dans les faits», selon la maire socialiste de la ville, Adeline Hazan, 56 ans, élue en 2008.
Dès son arrivée, elle crée une délégation spécifique à l'égalité hommes-femmes «avec un vrai budget pour mener des actions de sensibilisation et de prévention contre les discriminations et les violences faites aux femmes». Et ces panneaux sont l'expression visible du travail de la délégation, la «mise en lumière du travail




