C’est le genre d’endroit que les habitués brûlent de faire partager, tout en voulant le garder secret. Cette merveille de restaurant à la configuration bizarre, avec sa double entrée entre deux rues parisiennes, s’appelle les Enfants rouges, et sa tenancière Dany Bertin-Denis.
Pour nombre de vigneron(ne)s, le nom de Dany est un mot de passe. Elle fut la patronne du fameux Moulin à Vins, rue Burq dans le 18e, qui accueillait les fieffés soiffards même au cœur de la nuit, et qui fit d'elle «probablement la première femme à ouvrir un tel établissement à Paris». En 2003, elle migrait vers ce comptoir de poche des Enfants rouges, y servant toujours, pour accompagner la belle carte de son chef, des vins qui claquent sous la langue et réjouissent les papilles. Environ 250 références, de Overnoy (Pierre) à Arena (Antoine), choisis par cette petite-fille de bistrotiers béarnais qui mena une première vie, «fort ennuyeuse», de rédactrice juridique dans une banque.
L'ennui a duré vingt-cinq ans, durant lesquels Dany, folle amatrice de flacons, approfondissait ses connaissances lors de dégustations, de salons, copinant avec les jeunots d'alors, les Marcel Richaud, Pierre Breton (le futur mari de Catherine), ou Jean Foillard.
Leur QG, dont elle poussa la porte un jour de neige, «en veste renard et toque fourrure, j'étais plutôt mignonnette», pour découvrir «la mine silencieuse de dizaines de mecs», était le Café de la nouvelle mairie, plac




