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Du cul de vache à l’horizon, balade chez Barral (acte I)

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Publié le 08/11/2012 à 20h06

J’avais quitté très tôt la vieille maison aveyronnaise, ajoutant une bûche dans le poêle avant de refermer la porte. Tout le monde dormait là-dedans. Le jour se levait, j’avais rendez-vous à deux heures de là pour rencontre Didier Barral, vigneron en faugères (Languedoc). J’aimais le caractère de ses vins, pleins de matière et frais, complexes et accessibles. A l’ouverture, ils sentent parfois le cul de vache mais c’est de la réduction (le contraire de l’oxydation). Il faut les aérer tranquillement, dépasser le confinement.

De gros nuages blancs remontaient sur Paris. En traversant le Larzac, je pensais que certaines rencontres évidentes tardent à se faire. Peut-être l'inconscient qui tire le frein, attend que l'on soit assez mûr. Didier Barral finissait de démonter un pressoir devenu violet. La dernière pressée avait eu lieu quelques jours plus tôt. Il avait donné rendez-vous aussi à un sommelier d'Annecy (Haute-Savoie) et un autre de Stockholm (Suède), accompagné d'un ami universitaire. Barral n'est pas facile à voir. Il ne vend pas de vin chez lui, répond rarement au téléphone. Il faut être patient (1). En l'attendant, le sommelier suédois parlait de son initiation aux vins «naturels» (produits avec le moins d'entrants possible, en évitant de tuer ce qui vit dans la vigne puis le vin). Il avait «souvent trouvé derrière des histoires plus riches». Je ne le savais pas encore, mais l'histoire serait assez riche cette fois pour nourrir plusieurs chroniques d'affilée.

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