Psychiatre au Children’s National Medical Center de Washington, le docteur Edgardo Menvielle est l’un des quelques spécialistes américains de cette question du «non-conformisme de genre». Il anime deux groupes de soutien, où enfants et adolescents se retrouvent une fois par mois, mais aussi un forum de discussion en ligne où plus de 300 parents, américains pour la plupart, échangent leurs expériences.
Vous êtes psychiatre dans un hôpital, cela signifie-t-il qu’on considère aujourd’hui le «non-conformisme de genre» comme une maladie ?
Non, on le considère aux Etats-Unis comme un trouble, mais cette désignation même est controversée. L’Association américaine de psychiatrie vient d’ailleurs de suggérer de parler plutôt de «dysphorie de genre». Selon moi, il ne s’agit pas d’un trouble, mais d’un état qui peut engendrer beaucoup de souffrance et finir par créer un trouble. Ceci, surtout du fait de la réaction de la société : beaucoup de pressions sont exercées sur ces enfants et leurs parents.
Combien d’enfants sont concernés par cette «dysphorie» ?
On ne le sait pas. Il n’existe pas de statistiques. Parmi les adultes, on estime souvent à 5 ou 6% la proportion d’homosexuels. Cela peut donner un ordre de grandeur car il y a un certain recoupement entre ces enfants et les futurs homosexuels.
Tous les enfants en «non conformité de genre» seront-ils homosexuels ?
Non, mais on estime que près de trois quarts des garçons au comportement très efféminé seront gays. Certains voudront plus tard changer de sexe, d’autres seront hétérosexuels, mais c’est moins fréquent. Parmi les filles très masculines, les chiffres sont moins évidents. Certaines seront lesbiennes, d’autres non.
Y a-t-il de plus en plus d’enfants en «non conformité de genre» ?
J’en vois de plus en plus, mais cela ne veut pas dire qu’il y en a de plus




