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Naissance d’un hérault

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Publié le 06/12/2012 à 19h36

L'autre jour, sans savoir que nous avions travaillé ensemble, quelqu'un m'a offert une bouteille du millésime 2010 de Catherine Bernard, une ancienne journaliste de Libération. J'avais goûté son vin à ses débuts, c'était intéressant, pas complètement en place. C'était normal. Là, c'était très bon, subtil, un peu floral. Dans un équilibre funambule, l'acidité rattrapait ce que les vins de l'Hérault ont souvent de trop lourd, de trop marqué par le soleil. Je l'ai appelée, ai retrouvé au bout du fil une fille honnête, et qui ne craint pas le contraste. Lorsqu'elle boit, Catherine Bernard préfère le vin blanc, n'aime pas l'alcool trop prononcé des vins du Sud, la «sensation d'ivresse» qui monte «trop vite». Pourtant, elle ne vinifie qu'un rouge, en vin de pays de l'Hérault.

La vie choisit parfois pour vous. Elle vivait à côté de Montpellier, loin de son estuaire de la Loire, lorsqu’elle a changé de vie professionnelle. Elle fait donc du vin là, et pense que cette contrainte donne un cadre dans lequel se déploie sa liberté. Un peu comme l’auteur à qui l’on impose une partie des mots. Au moins, elle n’est pas écrasée par les glorieux aînés de sa région natale.

Elle ne fait qu'une cuvée, ce qui est rare. Parce qu'elle a peu de vignes (3,6 hectares), qu'elle n'aime pas les «travers de l'œnologie moderne» consistant à rechercher un vin «parfait» et reléguer le reste du raisin dans des «sous-gammes». Et puis, c'est peut-êtr

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