A l'heure de la mondialisation du vin par sa face Est, du débarquement régulier de propriétaires chinois à Bordeaux et en Bourgogne, voilà une success story tricolore dont n'importe quel ministre du Redressement productif rêverait. Une saga pur jus qui a emmené un ancien peintre en bâtiment, jockey et fou de cyclisme jusqu'aux salons parisiens de l'hôtel Bristol où il recevra demain soir le titre d'«homme de l'année» de la Revue du vin de France.
Gérard Perse tremblera moins qu’en cette matinée de septembre où il attendait le courrier qui allait consacrer quinze ans de travail à la tête du château Pavie : l’entrée dans le cercle ultrafermé des premiers grands crus classés «A» des vins de Saint-Emilion. Sur la Rive Droite, l’événement est historique : pour la première fois depuis le premier classement en 1954 - révisé tous les dix ans - les deux «A» historiques, Cheval-Blanc et Ausone, doivent partager la plus haute marche du podium. L’ancien artisan rejoint les grands patrons Bernard Arnault et Albert Frère (Cheval-Blanc), et les héritiers bordelais Alain Vauthier (Ausone) et Hubert de Boüard (Angélus) qui sera aussi sacré demain soir. Cherchez l’intrus !
Une vie consacrée au travail, la passion de l'entreprise, le triomphe dans le très conservateur microcosme bordelais : on redoutait une forme de libéralisme caricatural. L'ascenseur file vers les plus hauts étages d'un immeuble du XVIe arrondissement parisien. Duplex, double terrasse, la tour Eiffel toute




