Les mots, la violence, forcément, laissent des traces. C'est une douleur sourde qui se sentait hier à Bastille, lors d'un rassemblement où des Parisiens tentaient de panser leurs plaies en criant «non à l'homophobie». Et c'est de la détresse qui affleure chez les plus fragiles, les jeunes qui n'ont pas des années de militantisme dans les jambes et se retrouvent comme cueillis à froid. En témoigne cet appel au secours, d'Adrien, 17 ans : «J'ai besoin de conseils. Comme de nombreux jeunes, j'ai participé à la manif contre les homos, mes parents sont de fervents opposants. Mais, ils ignorent que je suis homo, l'existence de mon copain, mes fugues nocturnes, que je possède une boîte mail autre que celle qu'ils peuvent lire à la maison. Celle avec laquelle je vous écris.» Ce mail, Adrien l'a adressé tout récemment à l'association le Refuge, qui héberge et soutient les jeunes homos mis à la porte par leur famille. Deux pages, dans lesquelles il s'étrangle : «Je ne sais pas si vous pouvez imaginer comme je me sens détruit à chaque manif homophobe en sachant que les gens que j'aime en font partie et qu'à chaque fois qu'ils tiennent des propos nauséabonds sur un homo, c'est aussi à moi qu'ils l'adressent ! Le pire est qu'ils ne se rendent pas compte à quel point, ils me font mal, tellement persuadés que cela n'arrive qu'aux autres.» Adrien évoque encore et encore les «haineux» qui défilent contre le mariage pour tous. Il dit qu'il a le «cœur en
Gays et lesbiennes redécouvrent le rejet
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Les plus jeunes notamment doivent faire face à une violence qu’ils ne soupçonnaient pas.
Publié le 21/04/2013 à 22h36
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