Quand Libé naît, Paris a déjà perdu son «ventre», comme l'écrit Zola, et gagné un cul. Les Halles de François Ier, après avoir changé de forme, de fonction, de fréquentation, et avoir été plusieurs fois détruites et reconstruites, ont laissé place à un trou béant. Certes, depuis l'annonce, le 14 mars 1960 par le Premier ministre, Michel Debré, du transfert du marché de gros à Rungis, tout le monde s'est préparé à la disparition des grouillants pavillons Baltard.
Western. Le projet de Georges Pompidou est séduisant : création d'une ville souterraine liée aux transports en commun et comportant des équipements commerciaux, culturels, sportifs et de loisirs. Mais il va mettre quinze ans à être réalisé. La raison ? Les nouvelles orientations présidentielles de Valéry Giscard d'Estaing qui préfère qu'on aménage un jardin à la place du centre commercial. Et à partir de 1977, le conflit qui va l'opposer au maire de Paris, Jacques Chirac, qui rasera, lui, les bâtiments construits entre-temps par Ricardo Bofill pour imposer Jean Willerval et ses «parapluies» inaugurés en 1983. Résultat, entre 1971 et 1977, c'est la zone complète, au propre comme au figuré. Marco Ferreri profite de la friche de 10 hectares pour y tourner Touche pas à la femme blanche !, un western absurde sur la guerre de Sécession avec Deneuve, Piccoli et Noiret, tandis que, tout autour, plus de 850 locaux abandonnés se louent et s'achètent à bas prix,




