Trou noir, idées qui s’embrument, boule au ventre : les maths font souvent peur. Mais ici, c’est l’inverse : des enfants empilent des figurines de canards, courent sur un axe ou jaugent le nombre de bonbecs sur un poster. Loin des opérations posées sur un tableau noir, ils manient théorème de Pythagore et statistiques, saisissent à pleines mains courbes et fonctions. Oui, ils font de la géométrie, de l’algèbre et de l’arithmétique… sans souffrir.
Barbare. Jouer en faisant des maths, c'est ce que propose l'exposition «Mathémanip», accueillie au Vaisseau, centre de découverte des sciences par le jeu à Strasbourg (Bas-Rhin). Sur 400 m2, empruntés au centre allemand Mathematikum de Giessen, c'est une succession de jeux et d'animations destinés à redorer le blason de la discipline. «Les maths souffrent de beaucoup d'a priori, explique Christel Le Delliou, responsable des expositions temporaires au Vaisseau. Elles sont réputées ennuyeuses, compliquées… L'idée est de démontrer qu'au contraire, on peut s'amuser avec.»
Mais le défi est de taille. A voir la somme de livres sur «la peur des maths» et les forums «j'aime pas les maths», cette bête noire qui rechigne à filer sa bosse n'a visiblement pas la cote. Et ça ne date pas d'hier : dans les Contemplations, Victor Hugo lui-même décrit comment, lorsqu'il était enfant, on lui faisait «de force ingurgiter de l'algèbre». Elles sont aussi pointées du doigt




