Le soleil déclinait. Les pas de la marcheuse devenaient plus lourds, la fatigue montait. C’était l’une des étapes les plus longues depuis qu’elle était partie de la mer pour rejoindre l’océan, suivant l’échine des Pyrénées. Il lui tardait de trouver un abri pour la nuit. Ses pas ripaient parfois sur les cailloux, devant une vieille ferme, une vieille femme sortait le fumier. Cela lui rappela son enfance, quand des tas fumants montaient la garde devant les maisons de son village. La pente devenait raide. La vieille lui avait indiqué un refuge. Un dernier effort. Elle poussa une porte en bois ouvrant sur une pièce qui sentait le feu de bois.
Une table épaisse, un poêle en fonte, une petite étagère avec des couverts, des assiettes ébréchées, quelques verres que le temps avait rendus opaques. Une échelle menait à une trappe. Elle grimpa et souleva. Là-haut, de la paille faisait une vaste litière pour les randonneurs. Un homme était allongé là. Il dormait. Un livre en basque posé à côté de lui. Elle redescendit sans bruit et alluma un feu, sortit de son sac de la charcuterie rapportée de Navarre. Hésita puis mit le couvert pour deux. Le bruit réveilla l’homme au-dessus. La trappe s’ouvrit légèrement. Il la fixa en silence, méfiant. Puis descendit avec un morceau de fromage de brebis à la pâte granuleuse.
Il parlait un peu le français, avec un accent espagnol. Elle eut le sentiment qu’il se cachait. Ne posa pas de question. Le fromage piquait un peu. Une vieille avait donné avec un




