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Cheffe, cheffe, où est la plombière ?

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A l’heure où le gouvernement a fait de la mixité des métiers une priorité, la féminisation même des noms des professions n’est pas encore rentrée dans les mœurs.

«Moins d'un métier sur huit peut être considéré comme réellement mixte», a déclaré Jean-Marc Ayrault, le 6 janvier. (Tagul)
Publié le 21/01/2014 à 19h46

«Développeuse», «planeuse-stratégique», «start-uppeuse». Des femmes, dans le secteur très masculin des technologies, osent afficher clairement la couleur. Mais elles sont encore peu nombreuses. «Notre milieu professionnel est un peu sexiste», euphémise Ludwine Probst, 29 ans, «développeuse» et présidente de Duchess France, une association qui organise des soirées où des «speakeuses» mènent des conférences professionnelles où l'on se forme tout en créant son réseau. «Quand on est une femme dans un métier technique, il y a toujours le risque de n'être pas prise au sérieux», justifie la jeune femme. Marine Aubin, 35 ans, coprésidente de Girlz in Web, une autre association, détaille : «Des hommes cessent de s'adresser à moi dès qu'ils attaquent des points techniques. Je ne corresponds pas à leur case mentale. Donc je leur pose une ou deux questions bien précises et ils finissent par comprendre que je suis au moins aussi compétente qu'eux. Alors oui, avoir un féminin pour nos métiers, ça peut aider.» Cette génération de femmes tient cependant le féminisme à distance : «Je n'en fais pas un acte militant, se défend Ludwine Probst. Simplement, c'est mon métier et je suis une femme. Donc je suis développeuse, ça me semble aller de soi.» Ce qui ne manque pas de faire ricaner des hommes, et des femmes.

Enjeu. A l'heure où le gouvernement veut faire de la mix

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