Amélie s’appelait Jocelyne à la naissance. Léo a enfin l’impression qu’on le remarque depuis qu’il a fait gommer Christophe de son état civil. Aude se sent plus féminine qu’en Claude. Et Karim se reconnaît mieux en José. Changer de prénom, c’est tout une histoire. Pas tant sur le plan administratif, les démarches se sont simplifiées depuis la loi du 8 janvier 1993. Mais c’est une décision qui raconte beaucoup de choses sur soi. Soulignant l’importance que les prénoms ont pris dans nos vies, le sociologue Baptiste Coulmont (1), est l’auteur d’une recherche inédite sur ces changements d’une partie de l’identité. Peut-être la plus intime.
Quelque 3 000 personnes demandent chaque année à changer de prénom. Leurs dossiers sont disséminés dans 150 tribunaux de grande instance (TGI). La procédure peut prendre un an. Et, dans 92% des cas, les demandes sont acceptées. Preuve qu’en France, l’état civil se détend.
Aujourd'hui, quand des parents déclarent leur enfant à la naissance, l'officier ne peut plus refuser d'inscrire un prénom. Mais il peut en référer au procureur qui, souvent, a d'autres chats à fouetter. Très peu poursuivent pour «atteinte à l'intérêt de l'enfant». Mais c'est arrivé avec «Titeuf» à Versailles, et «MJ» à Amiens. Les parents de Titeuf sont allés jusqu'en cassation. Ceux de MJ se sont arrêtés à la cour d'appel. Mais ils ont ouvert une page Facebook «Je m'appelle MJ, sauvez mon prénom». Daemon, en revanche, a été accepté à Dunkerque.




