Il y a ceux qui passent leur temps à traquer Rihanna ou Justin Bieber. Ceux qui sacrifient leur vie amoureuse pour mieux vénérer Michael Jackson, Beyoncé ou Madonna. Ceux qui flambent tout leur argent dans des objets à l'effigie de Dalida ou Claude François. Et que dire de ceux qui se font tatouer la tête de Lady Di ou du Che ? Les fans et leurs excès font souvent ricaner. Au mieux, on les voit comme de gentils zinzins, un peu pathétiques, incollables sur la vie de leur star ou parlant d'elle comme d'un proche («Claude», «Dali»). Au pire, ils passent pour des freaks, offrant à leur idole des morceaux de peau, leurs cheveux, se suicidant à leur mort et provoquant des scènes d'hystérie collective. Si le mot viendrait de «fanatique», pour Gabriel Segré, maître de conférences en sociologie et anthropologie à l'université Paris-Ouest Nanterre-la Défense, le fan est avant tout un grand inconnu. Lui qui a étudié ceux d'Elvis Presley, les a suivis en pèlerinage à Graceland ou à Memphis et a fréquenté leurs clubs, consacre son ouvrage Fans de… Sociologie des nouveaux cultes contemporains (1) à ces personnages, objets de nombreux fantasmes. Et cherche à comprendre leur monde, au-delà de l'habituelle caricature.
Pourquoi les fans sont-ils si mal vus ?
Le fan est systématiquement perçu comme un solitaire dépressif, immature ou comme un danger pour les vedettes. L’exemple emblématique étant Mark Chapman, qui a assassiné John Lennon. Depuis son apparition avec l’âge d’or d’Hollywood et les premières stars du cinéma dans




