Ils fument au minimum sept joints par semaine. Souvent beaucoup plus : trois, quatre, cinq par jour. Parfois, peu en semaine et beaucoup le week-end. Certains roulent le premier avant midi. D'autres attendent le soir. Ce sont des hommes, des femmes. Des chômeurs, des cadres sup, des étudiants. Ce sont 250 fumeurs de cannabis recrutés par le CHU de Nancy (Meurthe-et-Moselle) pour participer à une étude, la première du genre, qui cherche à comprendre les effets du THC (tétrahydrocannabinol) sur le «cerveau visuel». Ce sont des volontaires «en grand questionnement sur les conséquences de leur consommation», soulignent le psychiatre Vincent Laprévote et le professeur de psychiatrie Raymund Schwan, qui pilotent cette recherche baptisée Causa Map. La détermination de ces fumeurs à «en savoir plus» a d'ailleurs été la première surprise des chercheurs.
Eux anticipaient surtout des difficultés à travailler sur un produit illégal. Pour trouver des témoins, ils ont lancé un appel dans les médias locaux. Contre toute attente, ils ont très vite croulé sous les candidatures. Comme si la curiosité du public répondait à celle des chercheurs. «Le cannabis est un produit massivement consommé en France. Et pourtant, on sait finalement très peu de choses sur ses effets», soulignent-ils. La littérature scientifique a étudié des fonctions très complexes comme la mémoire et l'attention, «donc des fonctions en aval du fonctionnement de l'information», précise le d




