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Atanase Périfan, passe à ton voisin, zin…

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Elu UMP de Paris, le créateur de la fête des Voisins, qui a lieu ce jour, déborde de bonne volonté envahissante.

Atanase Périfan à Paris le 14 mai 2014. (Photo Stéphane Lavoué)
Publié le 22/05/2014 à 18h06

Il est bavard. Parle, parle, parle. Il vous noie d’un flot de paroles. Digresse, s’égare, revient à la question, s’en éloigne. Le tout avec un débit de mitraillette. Il le sait, s’en excuse en rigolant. Avant de redémarrer au quart de tour. On lui aurait volontiers trouvé plein de totems, lui, qui a été scout pendant dix-sept ans. Du genre «Castor causeur» ou «Héron qui a oublié sa Ritaline». Mais son patronyme est déjà suffisamment original comme ça.

Atanase Périfan, c'est ce monsieur au nom d'origine grecque qui rêve que tous les voisins deviennent copains. Cela fait quinze ans qu'il a fondé la fête des Voisins, dont l'édition 2014 a lieu ce vendredi. Célébré l'an dernier dans 1 400 villes et par sept millions de Français, l'événement repose sur une équation toute simple. Dans nos sociétés atomisées, individualistes, on ne ferait plus guère attention à son prochain. Rencontrer les habitants de son immeuble permet de rompre la solitude et de recréer du lien social. Un peu naïf de penser que l'irascible du troisième et l'antipathique du rez-de-chaussée vont se réconcilier autour d'un bol de cacahuètes et changer la société ? «Aujourd'hui, dès qu'on va vers l'autre, c'est suspect. Il faut réapprendre aux gens à se parler», se défend Périfan.

Il a fondé la fête des Voisins suite au décès d'une personne âgée, qu'il a fallu quatre mois pour découvrir. «Derrière l'épaisseur des murs se cache beaucoup de souffrance. La fête des Voisins, c'est un prétexte pour ouvrir la

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