Pas à pas, des questions de droit, laissées en suspens dans la vie des familles, trouvent des solutions : le rôle des beaux-parents est reconnu, la médiation familiale devient la règle en cas de divorce, la double résidence met les deux parents sur un pied d’égalité… Ces avancées, contenues dans la proposition de loi sur l’autorité parentale et l’intérêt de l’enfant, ont beau avoir été sérieusement combattues sur les bancs de l’Assemblée, elles ont finalement été adoptées en première lecture. Il est maintenant temps de s’atteler à un autre chantier, que l’ex-ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, voulait ouvrir : le sort des 150 000 enfants placés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et qui y vivent globalement mal. Ils sont parfois ballottés d’institution en institution, parfois arrachés à une famille d’accueil pour être envoyés ailleurs. Ce constat a été fait maintes fois.
Un «plaidoyer pour l'adoption nationale», rédigé l'an passé par un collectif d'éducateurs, de psychologues, de professionnels, tous témoins de cet état de fait, avait dénoncé de façon musclée une forme d'«abandon institutionnel» de ces enfants. Depuis ? Deux sénatrices, Michelle Meunier (PS) et Muguette Dini (UDI), vont déposer, avant septembre, une proposition de loi sur la protection de l'enfance, dont plusieurs dispositions concernent l'adoption. Entretien avec Muguette Dini, sénatrice du Rhône, ex-enseignante et présidente de la commission des affaires sociales du Sénat depuis 2




