Depuis la mort du premier dandy, l’Anglais Beau Brummell, à Caen en 1840, la question de sa succession se pose dès l’apparition sur la scène publique d’un quidam bien fringué. Il peut être acteur, chanteur ou homme d’affaires, mais seule compte l’élégance du garçon, sa manière de s’apprêter, d’incarner une certaine idée de la virilité. Mais cette dernière est malléable, et s’y rangent des messieurs au conformisme soporifique comme des êtres singuliers, à l’image de l’Américain Waris Ahluwalia.
Si le nom ne vous évoque rien, vous connaissez peut-être son visage aux traits délicats, sur lesquels pousse une barbe fournie et dont le haut du crâne est couvert d’un dastar (turban porté par les hommes de la communauté sikh), aperçu dans les films de Wes Anderson. Et cette même bobine est une apparition régulière de la presse magazine, principalement anglo-saxonne, où il est un habitué des classements des personnalités les mieux habillées au monde, entre Roger Federer ou des aristos de la vieille Europe. Les dandys contemporains ne s’inventent plus eux-mêmes, on les désigne.
«Je suis un conteur, un explorateur»
Quel est son métier ? En avoir un seul ? Quelle banalité… Il en exerce donc plusieurs : acteur, mais surtout joaillier, avec sa propre marque, House of Waris, dont les bijoux sont facturés à plusieurs milliers d'euros, et designer ou mannequin - l'année dernière, une publicité pour Gap a fait circuler sa tronche dans tout le territoire nord-américain. Il a collaboré avec de nombreuses marques, participé à des proj




