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On s’envoie un Godet ?

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Publié le 26/09/2014 à 18h46

Faisons-nous des ennemis : osons dire que le cognac, quand on en abuse, quand on se torche pour le dire vulgairement, n’incite guère à la créativité. On se sent lourd comme tombereau, usé comme une chenille de vieux tank russe. C’est la différence avec les grands champagnes, dont on sait qu’ils inspirèrent nombre des plus belles chansons d’un Gainsbourg. Alors, rêvons à un cognac léger comme le Saint-Esprit, qui ne pèserait ni sur la tête ni sur l’estomac. C’est ce pari qu’a voulu relever la famille Godet, le père et les trois fils, avec un alcool qui ne peut prétendre à l’appellation de cognac tout simplement parce qu’il n’en a pas la couleur.

Distillée deux fois, Antartica est une jeune eau-de-vie de vin, à base de raisins de Cognac, qui n’a pas pris les tanins des fûts. Plus florale que boisée, blanche comme l’infini, glaciale comme un iceberg et transparente comme une nuisette de chez Dior, elle a été inspirée par une expédition en voilier dans l’Antarctique, en mars 2008, par Jean-Jacques Godet, le père, le premier à atteindre des terres aussi australes sur un navire à voile et qui se réchauffait en buvant du cognac glacé. C’est cet univers qu’Antartica veut refléter dans un flacon qui fait penser à un parfum. Cognac glacé, il se boit on the rocks. Ou en cocktail (Schweppes). Agréable, atypique, mais cette hérésie glaçante coûte un peu cher (50 euros).

En hérésie, la famille Godet s'y connaît. En 1550, lorsque l'ancêtre Bonaventure Godet s'établit à La Rochelle, c'est un

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